Royal Tank Regiment contre Hermann Göring. Depuis les débarquements anglo-américains en Sicile de juillet 1943, et celui de Salerne en septembre, le front italien n’a cessé d’imposer aux Alliés, soumis à des lignes défensives successives, une difficile et lente progression.

Corporal, B Squadron 46th RTR
Ce caporal de l’escadron B du 46th Royal Tank Regiment est engagé dans les combats du
secteur de « l’usine » près de Carroceto. Sa tenue comprend :
– béret noir du RAC avec Cap badge du RTR
– lunettes de protection pliantes
– chemise en flanelle sous le pull-over
– pourpoint en cuir Leather Jerkin
– blouson de Battledress Pattern 37
– ceinturon Pattern 37
– étui de revolver du RAC avec pochette à munitions
– pantalon de Battledress Pattern 37
– guêtrons en web Pattern 37
– brodequins en cuir noirci
Armement individuel : revolver Enfield No 2 Mark I** calibre .38

Les Allemands, avec une rare maestria, ont saisi toutes les occasions et utilisé toutes les ressources que leur offre la topographie de la péninsule italienne ; notamment la région montagneuse des Apennins dans la région des Abruzzes, où ils se sont établis en novembre sur la ligne Gustav, dont le Monte Cassino est l’un des verrous. Cette ligne, qui court de la mer Tyrrhénienne à la mer Adriatique, s’étend d’ouest en est de Minturno à l’embouchure de la rivière Sangro sur l’Adriatique. Elle passe par les Apennins et contrôle le carrefour routier nord-sud qui se situe à hauteur de la ville de Cassino. Sur ordre du maréchal Kesselring, une succession de points fortifiés aux feux croisés a été établie tout le long de cette ligne qui est complétée par des réseaux de barbelés et de nombreux champs de mines. Située au sud de Rome, elle bloque toute possibilité de progression vers la Ville Éternelle.
Début janvier, les Alliés piétinent toujours, même si des éléments du Corps expéditionnaire français sont parvenus à s’emparer de plusieurs défenses autour de Costa San Pietro et de Monna Casale.
Afin de trouver une issue, Churchill va proposer l’opération Shingle. Il estime qu’un débarquement à Anzio-Nettuno, derrière la ligne Gustav à une cinquantaine de kilomètres au sud de Rome, serait possible s’il était réalisé en même temps qu’une violente attaque sur cette ligne. Roosevelt et Staline vont approuver ce plan.
L’idée de manoeuvre est d’attirer le maximum de troupes allemandes vers Anzio. Celles-ci venant de Rome et des arrières de la ligne Gustav, cette dernière se trouverait fragilisée, permettant ainsi aux troupes alliées de la percer.
Le secteur choisi, sur la côte du Latium, présente une côte relativement plate et de belles plages, un lieu idéal pour voir débarquer les Britanniques et le VIe corps US du général Lucas. Ce dernier est cependant très inquiet et ne croit pas vraiment aux chances de réussite de cette opération. Il aurait même estimé que Churchill était un amateur, assis sur le banc de touche et que ce débarquement risquait fort de ressembler à celui qui avait précédé la bataille de Gallipoli, laquelle avait consacré l’échec du corps expéditionnaire franco-britannique dans les Dardanelles lors de la Première Guerre mondiale. Le général Lucas aimait à rappeler que le même Churchill avait été, à l’époque, le concepteur de ces désastreuses opérations.
De plus, les Allemands disposent de suffisamment de forces en Italie pour défendre à la fois Rome et la ligne Gustav et les Alliés sont alors en pleine programmation des débarquements de Normandie et de Provence.
La disponibilité des barges de débarquement risque de peser sur l’opération Shingle si elle n’est pas entreprise très rapidement. C’est donc dans une relative précipitation que l’assaut est d’abord prévu pour le 15 janvier, puis repoussé par manque de péniches au 22, dernière limite.
Ce sont donc un peu moins de 250 barges de débarquement qui sont rassemblées autour de 5 croiseurs et 24 destroyers pour transporter les 36 000 hommes et 5 000 véhicules qui doivent débarquer à Anzio.
Les Britanniques, dont la force est composée de la 1re division d’infanterie, des chars Sherman du 46th Royal Tank Regiment, des unités de commandos No 9 et 43, ainsi que d’un détachement de la 1st Special Service Brigade, débarquent à partir de 22 h le 22 janvier, sur Peter Beach, à environ 10 kilomètres au nord d’Anzio et à l’ouest de la voie ferrée Anzio-Rome. Le terrain est presque plat et entrecoupé d’étendues marécageuses, offert à l’observation depuis les monts Albains, à environ 25 kilomètres au nord-est. La localité de Campoleone est l’objectif premier des Britanniques.
La surprise côté allemand est totale, et les troupes dont dispose Kesselring dans le secteur sont peu nombreuses et affaiblies. Lucas dispose donc au soir du 23 d’une tête de pont où ont débarqué 36 000 hommes et 3 200 véhicules. Cependant, le général américain temporise et attend prudemment l’arrivée de nouvelles unités. Il va donc maintenir ses positions sans oser s’enfoncer plus avant dans les terres jusqu’au 30 janvier. L’attitude timorée du général fera dire à Churchill : « j’espérais que nous avions lancé un chat sauvage dans la mer, mais nous n’eûmes rien de plus qu’une baleine échouée ».
Parmi les unités britanniques figure le 46th RTR, qui a été détaché de la 23rd Armoured Brigade le 4 janvier 1944 pour être directement affecté, en tant qu’appui, à la 1st Infantry Division.
Doté de chars Sherman M4A2, Sherman MK III dans la nomenclature britannique, le 46th RTR va progresser en direction de Campoleone avec la 3e brigade d’infanterie. De durs combats vont commencer à partir du 31 dans le secteur et en deux jours, onze Sherman vont être mis hors de combat. Le lendemain, et durant les trois jours qui vont suivre, l’enjeu pour les Britanniques débarquées a été, face à la contre-offensive allemande qui se précise, de tenir le saillant de Campoleone et de conserver ouverte la via Anziate qui relie Anzio à Rome en passant par Aprilia, Campoleone et Albano.

Unterfeldwebel, 6/II. (Gem) Flak-regiment « Hermann Göring »
Sous-officier de la 6e batterie du 2e groupe (mixte) du régiment de Flak de la division, dans le secteur d’Isola Bella, à proximité de Cisterna. Sa tenue se compose de :
– casque d’acier M40 bariolé de peinture jaune sable
– chemise en toile Aertex gris-bleu
– veste Fliegerbluse en drap gris-bleu
– blouse de camouflage Tarnjacke provenant de la Waffen-SS
– bretelles de suspension en cuir brun
– ceinturon en cuir noirci et plaque de fermeture gris-bleu
– musette Brotbeutel au ceinturon à l’arrière à droite (non visible)
– bidon individuel suspendu à la musette (non visible)
– étui en cuir noirci du pistolet semi-automatique P 38 (non visible)
– pantalon droit en drap gris-bleu
– bottes de marche en cuir noirci, ferrées et cloutées.
Armement collectif : canon antiaérien 8,8 cm Flak 36
Armement individuel : pistolet-mitrailleur 9 mm MP40 et pistolet P38.

Du côté allemand…
Tandis que Lucas renforce chaque jour sa tête de pont, les Allemands ne restent pas inactifs. L’OKW, le haut commandement de l’armée à Berlin, s’est vite ressaisi et ordonné une réponse rapide et puissante.
Ne disposant sur place d’aucune force de rupture capable de rejeter les forces anglo-américaines, Kesselring dépêcha des éléments de la 4. Fallschirmjäger- Division et de la Panzer-Division « Hermann Göring » afin de s’assurer du contrôle des routes situées au sud de Rome ; notamment celles des monts Albains.
Début février, le 1. Fallschirmjäger-Korps et le 56. Panzer-Korps de la 14. Armee du général von Mackensen se sont respectivement positionnés d’ouest en est afin de circonscrire la tête de pont. Ces forces, avec les renforts qui sont arrivés, représentent environ 70 000 hommes. Le 3 en fin de journée, les Allemands pilonnent sévèrement la 1re DI britannique et attaquent violemment avec les éléments de la 65. Infanterie-Division. La 3e brigade britannique se trouve encerclée et subit des pertes importantes. Dès lors, la pression exercée sur la tête de pont d’Anzio va s’intensifier et une nouvelle attaque va se développer le 7 contre la 1re DI. Pendant deux jours, les 11 et 12 février, des combats violents se déroulent dans le secteur d’Aprilia, occasionnant des pertes importantes dans les deux camps. Au même moment, la Panzer-Division Hermann Göring se heurte aux éléments américains qui tentent de faire jonction avec les Britanniques. Le 16, une nouvelle offensive allemande permet à ses éléments de pointe de se rapprocher à une douzaine de kilomètres à peine d’Anzio. Le 17, une nouvelle poussée allemande, soutenue par d’importants moyens blindés, enfonce les positions américaines. Le mauvais temps empêche l’aviation alliée d’intervenir. Les combats incessants vont se poursuivre jusqu’au 20 février. La situation des troupes dans la tête de pont d’Anzio est très préoccupante. Mais les Allemands ont subi des pertes importantes et l’épuisement est grand de part et d’autre. Le 1er mars, Kesselring, jugeant que la tentative a échoué, ordonne le passage à la défensive. Dès lors commence une longue période d’observation, ponctuée d’actions limitées et de duels d’artillerie. Cette situation va perdurer jusqu’au 18 mai 1944, permettant au 6e corps US de mobiliser dans le secteur de nombreuses unités allemandes qui feront ainsi défaut à Kesselring pour la défense de la ligne Gustav.

Fliegerluse M40
Portée au combat, mais aussi en tenue de service, la « veste de vol » de la Luftwaffe est taillée dans du drap gris-bleu. Dépourvue de poches de poitrine, elle comporte deux poches basses, fendues horizontalement et fermant par un rabat droit boutonné. Fermée sur le devant par quatre boutons en pâte de verre placés sous bande. Le col, qui se porte ouvert, comporte néanmoins un crochet métallique. Sur la poitrine, notre sous-officier porte également le Flak-Kampfabzeichen der Luftwaffe introduit le 10 janvier 1941.
Au bas de la manche gauche est cousu l’insigne de spécialité de la Flak, brodé en fil de coton gris sur fond ovale de drap d’insigne gris-bleu. Ce modèle est adopté le 23 juillet 1937 et récompense neuf mois de présence au sein d’une unité de Flak.
La bande de manche de sous-officier, brodée à la machine en fil gris argent sur fond de laine satinée bleu foncé, est cousue à 15 cm du bas de la manche droite.

Remerciements à Jean-Michel Poupon et Thierry Janvier.

Publié le

Texte

Jean-Patrick André

Photos

Jean-Patrick André

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