« Götz v. B » contre « Century Division ». Début avril 1945, au crépuscule de l’Allemagne nazie, les défenses du Reich ont été percées de toutes parts ; tant à l’Ouest qu’à l’Est. Les combats se déroulent à présent à la périphérie des principales villes dont la plupart sont en ruines.

Oberschütze du SS-pionier-bataillon 17

Appartenant au bataillon de génie divisionnaire, notre soldat de première classe présente une silhouette typique de la toute fin de guerre :
– casquette standard en drap feldgrau
– tour de cou en tricot de laine grise
– chandail à col ras-de-cou (sous la Feldbluse 44)
– chemise en jersey de laine (sous le chandail)
– Feldbluse 44 en drap feldgrau
– bretelles de suspension 39
– ceinturon
– porte-chargeurs du StG 44
– grenades à main StiGr. 24
– baïonnette 84/98
– musette à pain avec bidon et gamelle, toile de tente roulée et sanglée au ceinturon (à l’arrière)
– Feldhose 44 en drap feldgrau
– guêtrons en toile
– brodequins ferrés et cloutés en cuir non noirci
Armement : fusil d’assaut Sturmgewehr 44 calibre 7,92 kurz (court)

Compagnie C du 397th Infantry

Ce Centuryman est engagé dans les combats autour de la Kilianskirche d’Heilbronn.
Sa tenue comprend :
– casque M1 avec filet de camouflage
– lunettes M-1944
– veste M-1943 avec capuche boutonnée
– chandail à col boutonné en tricot de laine
– chemise en flanelle (sous le chandail)
– jumelles 6×30
– bretelles de suspension M-1936
– ceinturon M-1936
– pochette pour pansement M-1942
– porte-chargeurs de carabine
– bidon individuel avec quart
– couteau de combat M3
– pelle pliante M-1943
– gants en laine et cuir
– pantalon de combat M-1943
– brodequins à jambières
Armement : carabine M1 cal. .30 et lance-roquettes antichars M9A1.

Tandis qu’à l’Est, l’Armée Rouge est sur l’Oder, les Alliés occidentaux, qui ont franchi le Rhin début mars, progressent vers le coeur de l’Allemagne. Il ne fait de doute que les Soviétiques seront les premiers à Berlin et d’ailleurs, ils s’y emploient avec toutes leurs forces disponibles.
Dans un Reich à l’agonie, les combats, fruit d’une résistance fanatique, se déroulent non plus seulement armées contre armées, mais avec des éléments issus des jeunesses hitlériennes et du Volkssturm ; en somme, les dernières cartouches du régime.
Dans ce contexte, les Américains du 6e corps de la 7e armée, auquel appartient la 100e division d’infanterie du général Withers A. Burress, progressent dans l’Odenwald le long du Neckar, en direction de Heilbronn. Cette ville industrielle du Bade-Wurtemberg, qui comptait environ 100 000 habitants avant guerre, est située sur la rive droite du fleuve. Bien que la cité ait été bombardée à plusieurs reprises par les Anglais depuis le 17 décembre 1940 et par les Américains depuis septembre 1944, de nombreux bâtiments industriels sont encore presque intacts et servent à présent de points fortifiés. De plus, subsiste un important réseau de galeries souterraines exploitables par l’ennemi. Tout concourt à faire de la ville un objectif important, d’autant que celle-ci se trouve au carrefour routier et ferroviaire d’Heidelberg, de Stuttgart et d’Ulm.
Les trois ponts routiers et le pont ferroviaire menant à Heilbronn ayant été détruits par les Allemands, dans la nuit du 4 avril à 3 h 00 et dans une totale discrétion, les GI’s du 3e bataillon du 398th Infantry franchissent le Neckar à bord d’embarcations d’assaut à Neckargartach, à hauteur de la centrale électrique.
En une heure, le bataillon établit une tête de pont et subit une première contre-attaque, mais infructueuse.
Les Américains tentent ensuite de progresser vers deux promontoires naturels mais les Allemands, utilisant le réseau de galeries souterraines, surgissent dans le dos de la compagnie K. Plusieurs autres groupes de grenadiers, familiers du terrain, accrochent les GI’s et les repoussent vers la centrale ; l’affaire semble mal engagée. Des tirs de mortiers bien ajustés permettent cependant de contenir la contre-attaque. Vers 14 heures, le 2e bataillon du 397th Infantry commence à son tour à traverser ; ce qu’il réussit sans pertes. Les combats vont alors s’intensifier sous l’effet d’une nouvelle contre-attaque, appuyée par des panzers et difficilement contenue par les GI’s. À la nuit tombée, le génie américain tente d’achever un pont flottant destiné à faire passer des Sherman et des Tank Destroyer sur la rive droite du Neckar. Mais la précision des tirs de l’artillerie allemande l’en dissuade. Une nouvelle attaque américaine le lendemain à l’aube, vers le sud, voit des combats au corps à corps et des tirs des snipers dans le dédale des bâtiments industriels, dont certains ont été éventrés par l’artillerie américaine. Tout au long de la journée, les renforts américains, privés de pont, traversent le Neckar à bord de petites embarcations.
En fin d’après-midi, le 1er bataillon du 397th commence à traverser afin d’établir une deuxième tête de pont, à proximité du centre-ville. Au petit matin, il est en position pour l’élargir et les combats se poursuivent toute la journée. Le sergent Pittman Hall, armé d’un bazooka, met hors de combat un blindé. Durant les neuf jours que dura la bataille d’Heilbronn, les combats furent âpres et meurtriers. Les hommes des 100th et 63rd Infantry Divisions utilisèrent avec succès leurs lance-roquettes, non seulement contre les blindés, mais également en tirant dans les embrasures des réduits occupés par les Allemands. Au cours de ces combats, la Century Division dénombre 60 morts, 250 blessés et 112 disparus.

Tandis qu’à l’Est, l’Armée Rouge est sur l’Oder, les Alliés occidentaux, qui ont franchi le Rhin début mars, progressent vers le coeur de l’Allemagne. Il ne fait de doute que les Soviétiques seront les premiers à Berlin et d’ailleurs, ils s’y emploient avec toutes leurs forces disponibles.
Dans un Reich à l’agonie, les combats, fruit d’une résistance fanatique, se déroulent non plus seulement armées contre armées, mais avec des éléments issus des jeunesses hitlériennes et du Volkssturm ; en somme, les dernières cartouches du régime.
Dans ce contexte, les Américains du 6e corps de la 7e armée, auquel appartient la 100e division d’infante¬rie du général Withers A. Burress, progressent dans l’Odenwald le long du Neckar, en direction de Heilbronn. Cette ville industrielle du Bade-Wurtemberg, qui comptait environ 100 000 habitants avant guerre, est située sur la rive droite du fleuve. Bien que la cité ait été bombardée à plusieurs reprises par les Anglais depuis le 17 décembre 1940 et par les Américains depuis septembre 1944, de nombreux bâtiments industriels sont encore presque intacts et servent à présent de points fortifiés. De plus, subsiste un important réseau de galeries souterraines exploitables par l’ennemi. Tout concourt à faire de la ville un objectif important, d’autant que celle-ci se trouve au carrefour routier et ferroviaire d’Heidelberg, de Stuttgart et d’Ulm.
Les trois ponts routiers et le pont ferroviaire menant à Heilbronn ayant été détruits par les Allemands, dans la nuit du 4 avril à 3 h 00 et dans une totale discrétion, les GI’s du 3e bataillon du 398th Infantry franchissent le Neckar à bord d’embarcations d’assaut à Neckargartach, à hauteur de la centrale électrique.
En une heure, le bataillon établit une tête de pont et subit une première contre-attaque, mais infructueuse.
Les Américains tentent ensuite de progresser vers deux promontoires naturels mais les Allemands, utilisant le réseau de galeries souterraines, surgissent dans le dos de la compagnie K. Plusieurs autres groupes de grenadiers, familiers du terrain, accrochent les GI’s et les repoussent vers la centrale ; l’affaire semble mal engagée. Des tirs de mortiers bien ajustés permettent cependant de contenir la contre-attaque. Vers 14 heures, le 2e bataillon du 397th Infantry commence à son tour à traverser ; ce qu’il réussit sans pertes. Les combats vont alors s’intensifier sous l’effet d’une nouvelle contre-attaque, appuyée par des panzers et difficilement contenue par les GI’s. À la nuit tombée, le génie américain tente d’achever un pont flottant destiné à faire passer des Sherman et des Tank Destroyer sur la rive droite du Neckar. Mais la précision des tirs de l’artillerie allemande l’en dissuade. Une nouvelle attaque américaine le lendemain à l’aube, vers le sud, voit des combats au corps à corps et des tirs des snipers dans le dédale des bâtiments industriels, dont certains ont été éventrés par l’artillerie américaine. Tout au long de la journée, les renforts américains, privés de pont, traversent le Neckar à bord de petites embarcations.
En fin d’après-midi, le 1er bataillon du 397th commence à traverser afin d’établir une deuxième tête de pont, à proximité du centre-ville. Au petit matin, il est en position pour l’élargir et les combats se poursuivent toute la journée. Le sergent Pittman Hall, armé d’un bazooka, met hors de combat un blindé. Durant les neuf jours que dura la bataille d’Heilbronn, les combats furent âpres et meurtriers. Les hommes des 100th et 63rd Infantry Divisions utilisèrent avec succès leurs lance-roquettes, non seulement contre les blindés, mais également en tirant dans les embrasures des réduits occupés par les Allemands. Au cours de ces combats, la Century Division dénombre 60 morts, 250 blessés et 112 disparus.

Feldbluse 44
La Feldbluse 44 représente l’ultime évolution de la vareuse de 1933. La suppression des poches inférieures et le resserrement à la taille à la manière d’un blouson ne sont pas sans rappeler le Battledress britannique. Mais ceci a pour seul but l’économie de matériau ; en l’occurrence, le drap de laine de fin de guerre, à présent mélangé de rayonne. La distribution de la Feldbluse 44 concerne principalement les nouvelles recrues, les unités nouvellement constituées ou reconstituées. Les pattes de col pour la troupe et les sous-officiers sont d’un modèle tardif (1943) tissé, dit « BeVo » en fil de coton/rayonne mélangé, facilement identifiable. L’aigle de manche est du type adopté en janvier 1938 pour ces personnels, brodé à la machine en fil de coton/rayonne gris-argent sur fond de drap d’insigne noir. Cousue en dessous de l’aigle, l’étoile de grade brodée de même identifie un SS-Oberschütze (soldat de première classe). Les pattes d’épaule à rabat sont d’un modèle également tardif de la SS, dépourvu de garniture de drap feldgrau et passepoilé de rayonne noire, couleur d’arme des unités du génie.

Du côté allemand…
Heilbronn, de par sa position géographique sur le Neckar à la croisée de l’axe Stuttgart-Heidelberg, est d’une importance capitale. Au moment ou des éléments du 6e corps US entreprennent de franchir le Neckar et la Jagst afin de s’emparer de la ville, la principale unité encore capable d’opposer une sérieuse résistance est la 17. SS Panzer-Grenadier-Division « Götz von Berlichingen ». Rattachée au XIII. Armeekorps, la division, qui a été créée en octobre 1943, est commandée par le SS-Oberführer Bochmann depuis la fin mars 1945. Les troupes qui combattent dans le secteur d’Heilbronn vont exploiter les hauteurs qui forment un arc de cercle à l’est de la ville pour y positionner leur artillerie et y établir des postes d’observation privilégiés sur le Neckar, son affluent la Jagst et sur les secteurs urbains et industriels de Heilbronn qui bordent ces rivières. Bien évidemment, ces hauteurs sont convoitées par les Américains qui, multipliant les assauts, finiront par s’en emparer avant de les perdre et de les reprendre à nouveau.
Bien évidemment, la « Götz » a subi des pertes considérables en hommes et en matériels depuis la bataille de Normandie, puis lors de l’opération « Nordwind » ; elle est réduite à environ 6 000 hommes sur les 17 000 qu’elle comptait au début de l’été 1944, mais sa combativité demeure élevée. Positionnée principalement au nord-est de Heilbronn, c’est sur elle que repose la défense du secteur. Elle va s’employer à repousser les assauts des 63rd et 100th divisions, et ceux de la 10th Armored Division.
Durant la dizaine de jours que dureront les combats autour d’Heilbronn et de Möckmühl sur la Jagst, la division SS va opposer une très vive résistance avant de céder. Ses pertes à l’issue de la bataille d’Heilbronn peuvent être estimées à un peu moins de 2000 hommes tués, blessés ou disparus. Elle va retraiter ensuite en direction de Nuremberg, où elle livrera ses derniers combats face aux Américains de la 7e Armée.

M9A1 ROCKET LAUNCHER

Produit à partir de l’automne 1943 à plus de 270 000 exemplaires, le Rocket Launcher M9A1 est le modèle démontable qui succède aux M1 et M1 A1. D’un calibre de 60 mm, avec une portée utile de 110 mètres, sa munition est une roquette M6A1 à charge creuse, dont la capacité de perforation est de l’ordre de 100 mm de blindage à une distance maximale de 370 m. Le sac de transport contient trois roquettes M6 conditionnées dans des tubes de carton bitumé.

Remerciements à Guillaume Grall et Jean-Michel Poupon.

Publié le

Texte

Jean-Patrick André

Photos

Droits réservés

Lire aussi